S’informer : quels médias suivre en 2017 ?

L’élection américaine ainsi que le Brexit ont contribué à l’affaiblissement de la confiance des lecteurs envers les médias traditionnels et les sondages qu’ils diffusent. Face à ce désengagement progressif des audiences, l’année 2017 a vu s’accélérer l’émergence des médias et des prescripteurs d’opinion sur les réseaux sociaux et, plus largement, sur le web. Pour s’orienter dans cette profusion de sources d’informations, nous avons procédé à une sélection soigneuse des médias à suivre en 2017 pour les fonds, les start-uppers et leurs communicants… et pour tous ceux qui veulent voir l’actualité sous un autre angle.

Podcasts

  • APPRENTISSAGE Start-up Stories : Andrew Warner a interviewé 1300 fois des entrepreneurs à succès sur des sujets aussi divers et concrets que « Comment revendre sa société ? » ou « Comment établir des partenariats avec des grandes marques ? ». Destinés aux entrepreneurs qui se sentent souvent seuls dans leur aventure entrepreunariale, ces podcasts au ton enjoué vous donnent des astuces pour faire de votre entreprise une licorne.
  • INSPIRATION The Tim Ferris Show : Avec plus de 100 millions de téléchargements sur iTunes, il s’agit du podcast le plus en vogue outre-Atlantique. A chaque épisode, Tim Ferris, Business Angel et auteur à succès, rencontre une célébrité (sportive, politique, entreprenariale…) pour définir ce qui l’a conduite au succès. A la clé, des histoires uniques mais universelles.
  • ECONOMIE Planet Money fait de l’économie un thème passionnant et parfois même drôle. Chaque épisode explique les rouages de cette grande machine qui fait tourner le monde. De la déconstruction de la politique économique d’Obama au parallèle entre Wall Street et Las Vegas, on ne sait par quel épisode commencer.
  • VISUEL Tout les podcasts ne sont pas fait que de sons : The Foundation propose des cours gratuits pour entrepreneurs avec, à l’appui, des vidéos. Didactiques, ces émissions retracent des parcours hors-normes (Ex : L’histoire d’un employé de Tesla qui monte son entreprise et démissionne) et prodigue de précieux conseils (Quels sont les secrets des étudiants qui réussissent ?).
  • MEDIAS A l’heure du tout informatif, de la post-vérité et des « faits alternatifs », On the Media est un podcast intelligent qui s’interroge sur les médias, leurs objectifs et leur évolution. Via des thèmes aussi divers que « Comment Trump change-t-il les règles du jeu du journalisme ? » ou  « L’art de poser des questions », ces émissions donnent la parole à de grands spécialiste de la communication qui affichent des points de vue pointus et souvent hors des sentiers battus.

Newsletters

  • FRENCHIE La plateforme de financement SmartAngels produit une newsletter hebdomadaire qui compile les dernières actus des start-ups. La sélection d’articles issus de la presse tech française est intelligente et voit au-delà des frontières de notre Hexagone.
  • START UP Temps forts de l’année pour faire parler de vous, annonce d’une levée de fonds, cette deuxième newsletter française dispense des conseils à l’endroit des petites entreprises et start-ups qui désirent communiquer de façon efficace. Suivez vite Outjo!
  • CREATIVITE Ancien journaliste chez Fast Company, Newsweek, Forbes et LifeHacker, Paul Jarvis mêle habilement créativité et business dans sa newsletter publiée tous les dimanches. Un bon moyen de se tenir au courant des dernières tendances en marketing, communication et start-ups.
  • VENTURE CAPITALISTS ET TECH Benedict Evans Depuis 2013, Benedict Evans diffuse une newsletter hebdomadaire à ses 65000 abonnés. Cet investisseurs chez Andreessen Horowitz sélectionne dans l’actualité les sujets les plus marquants autour de la tech et du Capital Innovation. On salue toujours son recul et son sens de l’anticipation sur les sujets de demain.
  • REFLEXION Azheem Azar Ce journaliste anglais, ancien du FT, creuse chaque semaine deux ou trois grands sujets qui touchent à la fois à l’économie, à la société et à la technologie. De l’Intelligence Artificielle à la block-chain en passant par la politique américaine, l’angle est toujours très ouvert et cherche à susciter la réflexion et la discussion.
  • STRATEGIE Basé à Taiwan, Ben Thompson, ancien de Microsoft et Apple, s’intéresse à toutes les stratégies qui touchent à la tech via des articles très documentés sur les sujets du moment. Suivez sa newsletter sans hésiter si vous voulez approfondir votre réflexion sur les nouvelles technologies.

 

Et encore…

  • INCONTOURNABLE On ne la présente plus, tellement son fil twitter est suivi : l’insider Emmanuelle Leneuf nous informe chaque matin de l’actu de la tech et des start-ups partout dans le monde. Une sélection intelligente et souvent percutante. Abonnez-vous vite au @FlashTweet!
  • BLOG Brad Feld, VC early stage et entrepreneur, partage ses réflexions d’après les expériences qu’il fait dans sa vie personnelle. On le suit dans ses voyages et on navigue au gré de ses rencontres: http://www.feld.com

PR pro: rencontre avec…. Richard Anderson ou comment les médias US se sont transformés

J’ai rencontré Richard Anderson, pro des PR et des relations investisseurs, qui a conduit l’ensemble de sa longue carrière à New York. Parmi ses faits de guerre, il a notamment fondé Thomson Financial’s Global Consulting Group et a dirigé le département Communication financière de la célèbre agence Fleishman-Hillard. Dans sa brownstone de Carroll Gardens, nous avons évoqué l’évolution de son métier et du paysage médiatique américain.

Richard, vous avez commencé votre carrière dans le monde de la communication en 1967. Quelles sont les principales évolutions de votre domaine depuis vos débuts?

 La transformation progressive du métier de communicant est allée de pair avec les révolutions technologiques de ces cinquante dernières années. Traitement de texte, ordinateurs, fax, internet et emails puis l’apparition des bases de données en ligne et enfin des réseaux sociaux… autant d’évolutions technologiques qui ont modifié en profondeur notre façon de travailler. En 1967, par exemple, j’étais chargé de l’édition et de la publication de rapports annuels pour ma société Textron, appartenant au Fortune 50. Pour être prêts en mars, nous commencions cinq mois plus tôt. Des copies papiers nous étaient envoyées par courrier, nous écrivions à la main nos corrections et les renvoyions. Il pouvait y avoir près de 80 brouillons échangés avec l’imprimeur. Aujourd’hui, on peut partager et corriger les documents très simplement sur internet, ce qui simplifie énormément les process et réduit considérablement les coûts.

Vous estimez donc que la technologie est un progrès pour les RP?

Disons que cela modifie en profondeur la façon dont on délivre l’information au public. Par exemple, aujourd’hui, les rapports annuels des sociétés sont en ligne mais personne ne les imprime et ne les lit en entier. Les investisseurs ont un accès direct à l’information et ne sont pas obligés d’attendre les rapports annuels imprimés… Toutefois, même s’ils ont accès à des informations précises, ils n’ont plus de vision globale de l’entreprise.

Revenons aux médias : comment ont-ils évolué aux Etats-Unis lors des dernières années ?

La relation des communicants aux médias a connu une profonde évolution. Internet a eu comme effet de faire exploser le nombre de médias aux Etats-Unis. Il y a une myriade de publications de niche avec, chacune, son public-cible limité et bien défini. En parallèle, il existe encore de grands médias (télévision, radio et hebdomadaires) incontournables pour un public plus large. Ces derniers ont également vu leur modèle se transformer : au fil des ans, et du fait de contraintes économiques, de la diminution des annonceurs publicitaires, on a accordé davantage d’espace à la publicité, au détriment du pur contenu journalistique. A ce titre, la concurrence dans les relations presse s’est accrue à New-York pour remplir cet espace de plus en plus réduit. Les communicants et les journalistes ont de moins ne moins de rapports humains, tout passe désormais par la technologie (e-mails et média sociaux).

Parlons justement des médias sociaux et de l’essor de Twitter notamment. Les journalistes peuvent accéder directement à l’information et interagir avec les entreprises. Reste-t-il un espace pour les relations presse ? 

Je pense que les communicants ont toujours une utilité et un rôle à jouer auprès des médias. Nous savons raconter une histoire et écrire un pitch efficace. En tant que spécialistes des médias, nous pouvons adapter le discours d’une entreprise à l’angle recherché par un journaliste en fonction de la ligne éditoriale de sa publication. Dans des situations de communication de crise, en tant que tierce personne, nous avons également plus de légitimité à contacter la presse que l’entreprise elle-même.

Comment décririez-vous le paysage médiatique américain en 2016 ?

 Je ferais une comparaison simple avec la politique américaine : ici, il existe deux partis, chacun se prononçant sur des sujets différents, visant deux publics distincts. Nous sommes une « pluralistic nation », constituée de nombreuses communautés ayant des intérêts et des sujets d’inquiétudes particuliers. Chaque petit groupe se reconnaît à travers son média bien particulier. Par exemple, si je suis chrétien, je vais disposer d’une chaîne de télévision, d’un journal, d’un blog et d’un hebdo chrétiens. Aujourd’hui, les médias représentent cette pluralité… si bien qu’il y a un média par personne ! J’exagère évidemment mais chacun peut choisir sa propre source d’information. Par conséquent, les médias grand public perdent progressivement de leur influence sur ces différentes communautés. La qualité du journalisme a souffert de la prolifération des médias. Les grands noms de la presse sont certes reconnus mais ils ne disposent pas de l’expertise de certaines publications de niche. Cela met les journalistes généralistes dans une situation difficile. Ils attendent de nous des informations « prêtes à l’emploi », qu’ils peuvent réutiliser facilement.

Comment envisagez-vous le futur des médias ?

Progressivement, le Mur de Chine qui séparait traditionnellement le marketing et le journalisme est en train de s’effriter. Les grands groupes de presse sont de plus en plus pris en otage par les contraintes économiques et les groupes dont ils dépendent. Je ne suis pas très optimiste car cette tendance est vouée à s’amplifier dans les prochaines années. Heureusement, nous sommes encore loin d’autres modèles anglo-saxons tels que le modèle britannique dans lequel les frontières entre journalisme et marketing sont depuis longtemps très floues !

 

 

CES Las Vegas: comment maximiser son audience grâce aux RP ?

Dans la perspective du grand rassemblement annuel de la tech que constitue le Consumer Electronics Show à Las Vegas en janvier prochain, les professionnels américains des relations presse et les patrons de start-ups, s’interrogent sur la meilleure façon de faire de cet événement un tremplin de communication.

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La prise de parole des dirigeants dans les médias aux Etats-Unis

De Steve Jobs à Mark Zuckerberg en passant par Bill Gates, les grands dirigeants américains ont démontré leur aisance à communiquer directement et personnellement auprès de leurs auditoires –investisseurs, employés, consommateurs- via les médias sociaux ou traditionnels. De fait, leurs prises de parole médiatiques paraissent naturelles, jusque dans les réseaux sociaux, car, fondateurs de leurs sociétés respectives, ils incarnent les valeurs et principes de ces dernières : le classement annuel des CEO les plus présents sur les médias sociaux prouve que ces entrepreneurs tiennent le haut du pavé en matière de communication digitale. Continuer la lecture de La prise de parole des dirigeants dans les médias aux Etats-Unis