S’informer : quels médias suivre en 2017 ?

L’élection américaine ainsi que le Brexit ont contribué à l’affaiblissement de la confiance des lecteurs envers les médias traditionnels et les sondages qu’ils diffusent. Face à ce désengagement progressif des audiences, l’année 2017 a vu s’accélérer l’émergence des médias et des prescripteurs d’opinion sur les réseaux sociaux et, plus largement, sur le web. Pour s’orienter dans cette profusion de sources d’informations, nous avons procédé à une sélection soigneuse des médias à suivre en 2017 pour les fonds, les start-uppers et leurs communicants… et pour tous ceux qui veulent voir l’actualité sous un autre angle.

Podcasts

  • APPRENTISSAGE Start-up Stories : Andrew Warner a interviewé 1300 fois des entrepreneurs à succès sur des sujets aussi divers et concrets que « Comment revendre sa société ? » ou « Comment établir des partenariats avec des grandes marques ? ». Destinés aux entrepreneurs qui se sentent souvent seuls dans leur aventure entrepreunariale, ces podcasts au ton enjoué vous donnent des astuces pour faire de votre entreprise une licorne.
  • INSPIRATION The Tim Ferris Show : Avec plus de 100 millions de téléchargements sur iTunes, il s’agit du podcast le plus en vogue outre-Atlantique. A chaque épisode, Tim Ferris, Business Angel et auteur à succès, rencontre une célébrité (sportive, politique, entreprenariale…) pour définir ce qui l’a conduite au succès. A la clé, des histoires uniques mais universelles.
  • ECONOMIE Planet Money fait de l’économie un thème passionnant et parfois même drôle. Chaque épisode explique les rouages de cette grande machine qui fait tourner le monde. De la déconstruction de la politique économique d’Obama au parallèle entre Wall Street et Las Vegas, on ne sait par quel épisode commencer.
  • VISUEL Tout les podcasts ne sont pas fait que de sons : The Foundation propose des cours gratuits pour entrepreneurs avec, à l’appui, des vidéos. Didactiques, ces émissions retracent des parcours hors-normes (Ex : L’histoire d’un employé de Tesla qui monte son entreprise et démissionne) et prodigue de précieux conseils (Quels sont les secrets des étudiants qui réussissent ?).
  • MEDIAS A l’heure du tout informatif, de la post-vérité et des « faits alternatifs », On the Media est un podcast intelligent qui s’interroge sur les médias, leurs objectifs et leur évolution. Via des thèmes aussi divers que « Comment Trump change-t-il les règles du jeu du journalisme ? » ou  « L’art de poser des questions », ces émissions donnent la parole à de grands spécialiste de la communication qui affichent des points de vue pointus et souvent hors des sentiers battus.

Newsletters

  • FRENCHIE La plateforme de financement SmartAngels produit une newsletter hebdomadaire qui compile les dernières actus des start-ups. La sélection d’articles issus de la presse tech française est intelligente et voit au-delà des frontières de notre Hexagone.
  • START UP Temps forts de l’année pour faire parler de vous, annonce d’une levée de fonds, cette deuxième newsletter française dispense des conseils à l’endroit des petites entreprises et start-ups qui désirent communiquer de façon efficace. Suivez vite Outjo!
  • CREATIVITE Ancien journaliste chez Fast Company, Newsweek, Forbes et LifeHacker, Paul Jarvis mêle habilement créativité et business dans sa newsletter publiée tous les dimanches. Un bon moyen de se tenir au courant des dernières tendances en marketing, communication et start-ups.
  • VENTURE CAPITALISTS ET TECH Benedict Evans Depuis 2013, Benedict Evans diffuse une newsletter hebdomadaire à ses 65000 abonnés. Cet investisseurs chez Andreessen Horowitz sélectionne dans l’actualité les sujets les plus marquants autour de la tech et du Capital Innovation. On salue toujours son recul et son sens de l’anticipation sur les sujets de demain.
  • REFLEXION Azheem Azar Ce journaliste anglais, ancien du FT, creuse chaque semaine deux ou trois grands sujets qui touchent à la fois à l’économie, à la société et à la technologie. De l’Intelligence Artificielle à la block-chain en passant par la politique américaine, l’angle est toujours très ouvert et cherche à susciter la réflexion et la discussion.
  • STRATEGIE Basé à Taiwan, Ben Thompson, ancien de Microsoft et Apple, s’intéresse à toutes les stratégies qui touchent à la tech via des articles très documentés sur les sujets du moment. Suivez sa newsletter sans hésiter si vous voulez approfondir votre réflexion sur les nouvelles technologies.

 

Et encore…

  • INCONTOURNABLE On ne la présente plus, tellement son fil twitter est suivi : l’insider Emmanuelle Leneuf nous informe chaque matin de l’actu de la tech et des start-ups partout dans le monde. Une sélection intelligente et souvent percutante. Abonnez-vous vite au @FlashTweet!
  • BLOG Brad Feld, VC early stage et entrepreneur, partage ses réflexions d’après les expériences qu’il fait dans sa vie personnelle. On le suit dans ses voyages et on navigue au gré de ses rencontres: http://www.feld.com

Rencontre avec Olivier Millet, président de l’AFIC, défenseur d’une autre image des fonds français

Depuis 30 ans, Olivier Millet évolue dans le monde du Capital Investissement, terme largement usité aujourd’hui et qu’il a lui-même inventé en 1989 pour traduire l’expression « Private Equity ». Aujourd’hui à la tête de l’AFIC, association professionnelle qui regroupe les quelques 300 sociétés de capital-investissement actives en France, il défend une autre idée des fonds, ce qu’il appelle « la quatrième voie capitaliste ». Portrait.

 De passage à Paris, j’ai rencontré Olivier Millet, président du directoire d’Eurazeo PME et président de l’AFIC. Avec un parcours professionnel remarqué, Olivier a contribué à fonder des grands noms du Private Equity, Barclays PE France (devenu Equistone) et OFI PE (devenu Eurazeo PME) pour n’en citer que deux.

En cette fin d’année, Olivier est visiblement enthousiaste pour le secteur du Private Equity et également confiant pour la suite : « 2016 sera une belle année pour les fonds français qui attirent de nombreux investisseurs étrangers (la moitié des fonds levés au premier semestre 2016). En 2015, nous avons récolté près de 10 milliards d’euros au total et nous poursuivons cette trajectoire ascendante. » Les fonds français affirment en effet leur attractivité et retrouvent progressivement les niveaux de la période 2005-2008 (étude Grant Thornton). Côté investissement, leur activité est également très soutenue : au premier semestre 2016, les membres de l’AFIC ont collectivement investi 5,5 md€ (+47% vs S1 2015).

 

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La France se hisse à la première place du capital investissement européen par le nombre d’entreprises accompagnées. « Notre pays a un véritable atout : elle recèle un grand nombre de sociétés non cotées de petite taille, deux fois plus que le Royaume Uni, explique Olivier. Les fonds sont là pour transformer toutes ces PME en ETI ». Désormais, il faudra parler de « Capital Transformation ». Sur les 6 premiers mois de 2016, plus de 1000 entreprises (+23%) ont ouvert leur capital aux fonds. L’objectif de l’AFIC est clair : booster cette tendance positive non sans poser les bases d’un capital investissement, à la française.

Loin de se satisfaire de ces bons chiffres, Olivier Millet en questionne le sens et se demande quel est l’ADN de ce Capital investissement français émergent: « Une véritable révolution capitaliste est en marche, explique-t-il dans les colonnes du Figaro. Le capital-investissement émerge comme le quatrième pilier du capitalisme, plus collectif et adapté à l’air du temps, aux côtés des formes plus traditionnelles de l’actionnariat, familial, boursier et d’État. Il est désormais structuré et très segmenté.» Olivier Millet défend ainsi avec force un « capitalisme collectif et de rotation » où les fonds sont des investisseurs responsables et de longue durée, accompagnant les sociétés sur des périodes de 5 à 10 ans pour les faire grandir. « Peu de gens en ont conscience mais, en France, 10% des emplois sont liés au capital investissement, souligne-t-il. Les fonds sont des acteurs de l’économie réelle et participent du développement du tissu économique français. » Il faut noter que ce fervent défenseur de l’investissement responsable est heureux de constater que le capital-investissement français s’est collectivement emparé de l’ESG, devenu un thème d’action au quotidien. L’AFIC publie d’ailleurs depuis 3 ans un rapport annuel sur le footprint positif et l’effet d’entrainement du secteur dans ce domaine.

Cette sensibilité à la réalité du terrain a conduit également l’AFIC à publier chaque année un rapport indépendant avec EY sur l’impact économique et social du Private Equity. L’étude 2015, rendue publique ce 13 décembre, est éloquente : au total, 256 000 emplois ont été crées en France par le Capital investissement et ce en 5 ans seulement. « La dynamique de croissance des entreprises accompagnées par le capital-investissement français se poursuit et se traduit par de nouvelles créations d’emplois, nettes des suppressions, note Olivier Millet. Avec l’objectif que s’est fixé le capital-investissement français de doubler à 5 ans les capitaux disponibles pour les entreprises ayant des projets de transformation, le secteur est un réel levier pour accompagner la reprise de la croissance économique et de l’emploi. »

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Un succès également en termes de croissance : fin 2015, les entreprises françaises accompagnées par le capital-investissement français affichent un chiffre d’affaires cumulé de 225 milliards d’euros, soit l’équivalent de près d’un cinquième du chiffre d’affaires cumulé du CAC40 à la même date. La croissance de leur chiffre d’affaires est près de 3 fois supérieure au PIB nominal français entre 2010 et 2015 (+33,2% vs + 12,5%), et près de 2 fois supérieure en 2015 (+3,7% vs + 1,9%).

Et Olivier Millet de conclure notre rendez-vous avec un message à diffuser en France mais aussi au-delà de l’Atlantique : « Le private equity est en train de contribuer à construire les bases de l’économie de demain. Via cette quatrième voie capitaliste, il est possible d’envisager un avenir où les intérêts de la société convergent, qu’il s’agisse des entreprises, des citoyens et de l’Etat. » Pour soutenir cette tendance, il voit toutefois « deux adaptations nécessaires en France : une meilleure fluidité de l’épargne vers le non coté, et une évolution des mécanismes qui figent le capital des PME ».

Les fonds français aux US (3/3): portrait de Partech, pionnier parmi les fonds français dans la Valley

De New-York à San Francisco, quand on parle des fonds français présents aux US, un nom revient systématiquement, celui de Partech. Rien d’étonnant : cet investisseur pionnier a ouvert son premier bureau à San Francisco en 1982, alors qu’il était encore une filiale de Paribas. Depuis, il a pris son indépendance et s’est déployé à Paris et Berlin et enregistré un bon nombre de success stories qui ont fait la Une des médias, de Business Objects à PriceMatch (acquis par Booking.com) en passant par Pulse.io (acquisition de Google). Le fonds revendique 21 introductions en bourse et plus de 50 cessions stratégiques supérieures à 100 millions de dollars auprès de grandes entreprises internationales.  Leur dernière actualité en date : la levée de 100 millions d’euros pour leur nouveau véhicule d’amorçage. Nous avons donc rencontré Reza Malekzadeh, Général Partner de Partech basé dans la Valley, i.e. le Français le mieux placé aux US pour nous parler de Private Equity des deux côtés de l’Atlantique.
 

Reza, tu possèdes une très solide connaissance du milieu des VC américains et français : quelles sont les principales différences en termes de travail ?
Les différences sont notables à toutes les étapes de l’investissement. Tout d’abord, en France, les entreprises passent souvent par des apporteurs d’affaires, ce qui n’existe absolument pas ici. Faire appel à un leveur de fonds dans la Valley serait même perçu comme un très mauvais signe envoyé aux fonds. Aux Etats-Unis, le networking est la clé pour trouver des deals : les investisseurs misent sur leur réseau personnel, développé au fil de leur carrière. C’est un métier très humain, où la notion de confiance est centrale.

La vitesse d’investissement est également bien plus rapide aux US qu’en Europe : comment l’explique-t-on ? Et qu’en est-il en termes d’accompagnement ?
C’est vrai, les fonds américains sont très réactifs avec une réelle volonté de préempter les deals. Les investisseurs de la Valley veulent aller directement sur le terrain alors que les Français accordent beaucoup d’importance à la due diligence et à l’analyse en amont. Ces derniers ont une approche plus prudente et donc attendent plus longtemps avant d’investir. Pour donner un exemple, le fonds Benchmark Capital (investisseur de la première heure dans Twitter, Uber Snapchat…)  a engagé 10 millions d’euros auprès de Docker, avant même que ce dernier n’ait sorti de produit ! On explique cette réactivité par une culture business et l’acceptation d’échouer, typiquement américaines. En termes d’accompagnement des entreprises,  les fonds américains ne sont pas plus « hands-on »  et on ne peut pas dire que les investisseurs soient plus présents auprès de leurs participations. Toutefois, la principale différence reste toujours la réactivité : ils sont là dès que l’on a besoin d’eux et très à l’écoute des besoins de leurs investissements.

Quel conseil donnerais-tu à un fonds français qui veut s’installer aux US ?
La clé est de comprendre la culture locale de la Valley et de savoir s’y adapter. Ici, les codes business sont extrêmement différents. Les investisseurs ont, par exemple, pignon sur rue : quand on cherche à joindre quelqu’un, qu’il soit de haut niveau ou non, on obtient une réponse rapide et directe de son interlocuteur. D’ailleurs, il ne faut pas s’étonner de l’aspect abrupt de certaines réponses : les gens ne veulent pas vous faire perdre de temps. Cela vaut pour bien d’autres codes également. Le tout est de les connaître et de savoir les employer.

Quelle est l’image des fonds français et plus particulièrement de Partech ici ?
Les relations entre les fonds US et les fonds français sont très bonnes. Pour preuve, il n’est pas rare de les voir co-investir dans des start-ups ici : je peux ainsi citer notre investissement dans Tribe dans lequel Sequoia est partie prenante. Partech est vu comme un fonds européen transatlantique qui a un accès privilégié à un dealflow européen. Plus globalement, je ne pense pas que la France ait un problème d’image mais elle devrait plus miser sur ses atouts. Je fais notamment référence à l’intelligence artificielle ou à nos data scientists, deux domaines dans lesquels nous sommes en avance et que nous devrions mieux valoriser ici. Sur ces questions, les efforts de BpiFrance et de la French Tech vont dans la bonne direction même s’il reste encore beaucoup de marge avant d’arriver au niveau des Israéliens et des Indiens qui savent très bien se vendre dans la Valley.

Quelles sont les perspectives dans la Silicon Valley pour les prochains mois ?
Depuis un an, on a observé une correction des valorisations. Le dealflow a été nettoyé, écartant les entreprises trop valorisées. Je crois que ce réajustement est un bon signe : les entreprises constituent à présent leurs dossiers avec beaucoup plus de soin. En ce qui concerne Partech, nous allons continuer notre développement ici mais également sur la côte est des Etats-Unis pour construire de nouvelles success stories !

Découverte du club French Founders version New York

Créé il y a deux ans à peine, le très sélectif club French Founders se définit comme « le club business, next-generation des dirigeants et fondateurs francophones – partout dans le monde ». Dans les faits, il se démarque par la qualité de son contenu et de son audience lors de ses événements. L’une des dernières conférences en date : la rencontre d’une douzaine de start-ups françaises triées sur le volet et de fonds d’horizons divers, lors d’une soirée spéciale à New-York.

Loin de se positionner comme les traditionnels clubs pour expatriés qui veulent simplement se constituer un réseau ou comme une association de promotion des start-ups aux US, French Founders rassemble, anime et fédère activement une communauté française issue de secteurs divers et d’entreprises de toutes tailles. Actuellement, ce club de cadres et dirigeants regroupe plus de 1700 membres sur 3 continents (Amérique, Europe et Asie) avec, comme objectif affiché d’apporter à chacun des membres une attention et un traitement personnalisé pour favoriser le développement des business français dans le monde.

Parmi les 200 événements organisés chaque année par French Founders, la soirée Start-up to VC participe pleinement de ce principe d’efficacité et de service sur-mesure. Deux fois par an, un jury -composé de fonds et de business angels accompagnés par French Founders sélectionnent ainsi une poignée de start-ups fondées par des entrepreneurs français exclusivement. Ces derniers peuvent, à cette occasion, rencontrer des investisseurs potentiels pour présenter leur projet, leurs business model et leurs ambitions. C’est l’occasion d’échanges et de prises de contacts dans la perspective, à plus long terme, de levées de fonds.

Le 15 novembre dernier, 14 jeunes entreprises françaises ont eu la chance non négligeable de discuter longtemps avec des investisseurs locaux – ce qui, comme vous le savez, n’est pas chose aisée car les fonds à New-York, sont très sollicités et les jeunes entreprises nombreuses. Quatre start-ups tirées de cette sélection étaient invitées à se présenter en public, devant l’assemblée des invités composée principalement de membres de l’écosystème new-yorkais, soit 20 investisseurs US et 10 fonds français des start-uppers en devenir ainsi qu’Anne-Claire Legendre, Consule Générale de France. Une visibilité inédite pour certains start-uppers ! Les quatre jeunes pousses mises en lumière ce jour-là devant l’audience provenaient d’horizons très divers, tant en termes de secteurs que de provenances géographiques (Boston, San Francisco, NYC, Shanghai…). Les fondateur de Cobalt (créateur d’avions privés du futur), Try the World (les fameuses box de produits gourmets), Allure Systems (concepteur de mannequins en VR pour les marques de vêtements) et  Biomodex (créateur d’organes 3D pour l’entraînement des chirurgiens) ont pu transmettre leurs visions et ambitions. La deuxième partie de la soirée était, elle, consacrée à des rencontres en tête-à tête et en privé entre les entreprises sélectionnées et le pool d’investisseurs.

J’étais aux premières loges, puisque French Founders m’avait proposé d’être Maître de Cérémonie pour cet événement, diffusé en direct sur Facebook. Je peux donc témoigner aujourd’hui de l’efficacité du club : start-uppers désireux de communiquer des deux côtés de l’Atlantique m’ont demandé de leur présenter mon activité de RP pour les fonds et les start-ups aux US.

Pour terminer, voici quelques pistes d’associations et d’institutions qui peuvent vous ouvrir de nouveaux réseaux lors de votre implantation aux Etats-Unis :

  • French Founders est un club qui sélectionne ses membres et leur propose un accueil sur-mesure en les mettant en relation et en attirant leur attention sur les événements pertinents pour eux. Les membres du réseau sont actifs et de haut niveau.
  • La French-American chamber of commerce propose des espaces de co-working, des forums thématiques et sectoriels et des soirées festives pour animer son réseau.
  • Le programme Impact USA  de Bpifrance permet à 18 start-ups sélectionnées de partir pour les US (San Francisco et NYC) avec, comme objectif, de « réaliser en 10 semaines ce qui leur aurait pris un an ». Les jeunes entrepreneurs sont coachés et accompagnés de très près par des experts dans tous les domaines.
  • Business France est souvent la première porte à laquelle frappent les start-uppers. C’est un bon moyen d’approcher le marché américain et d’en connaître les contours globaux avec une approche très institutionnelle.
  • Le Consulat de France à New-York a également lancé des soirées de pitch pour start-uppers français, sous l’impulsion de la nouvelle Consule Générale de France, Anne-Claire Legendre qui compte mettre l’innovation française au coeur de sa communication.

Les fonds français aux US (2/3): rencontre avec Romain Serman, directeur de Bpifrance USA

« Pour développer encore notre écosystème,  il faudra poursuivre sur plusieurs années le travail de fond entrepris jusque-là »

Pour poursuivre notre grande série sur les fonds français présents aux Etats-Unis, la rencontre de Bpifrance, présent outre-Atlantique depuis deux ans, était incontournable. Avec deux bureaux sur le sol américain, sur les côtes Est et Ouest, le grand fonds d’investissement français examine localement 240 dossiers par an. Nous avons rencontré Romain Serman, directeur de Bpifrance USA, qui a souhaité nous faire part de ses ambitions et décrire le positionnement des start-ups et fonds français aux Etats-Unis.  

Quelles sont les raisons qui ont amené Bpifrance à s’implanter aux Etats-Unis?

RS: Nous faisons aujourd’hui le constat suivant : depuis 3 ou 4 ans, on assiste à un véritable boom entreprenarial des start-ups tech en France.  Le marché français est suffisant pour engager une traction,  mais il reste, à terme, limité en taille, puisqu’il ne représente que 3 % du marché mondial de l’IT. Aujourd’hui, les entrepreneurs qui souhaitent créer une entreprise globale et toucher un marché plus large doivent s’internationaliser. C’est un modèle que l’on trouve depuis très longtemps en Israël, par exemple. Là-bas, les entreprises sont face à un marché de très petite taille. Elles développent donc leurs produits sur place et l’exportent très rapidement aux Etats-Unis, leur marché naturel. Présents dans la Valley depuis plus de 15 ans, avec de nombreux succès à leur actif, les Israéliens sont imbibés de cette culture business californienne. Au total, il y a ainsi 85 entreprises israéliennes cotées au Nasdaq !

Pourquoi accompagner des entreprises françaises dans la Silicon Valley ? 

Tout d’abord, le marché américain de la tech recèle un potentiel énorme, puisqu’il représente 50% du marché mondial. Par ailleurs, il s’agit d’être au plus près de ses concurrents comme des centres où se décident les futurs standards technologiques. Enfin, et c’est peut-être l’essentiel, dans la Silicon Valley, on a accès immédiat à un savoir-faire unique, s’agissant des start-ups comme des fonds de Private Equity. Les VC [Venture capitalist, ou capital-risque NDLR] sont présents ici depuis 30 ans et examinent les dossiers du monde entier : ce sont des investisseurs qui ont une connaissance encyclopédique du domaine et qui affichent les plus beaux track-records au monde. Je suis convaincu que ce savoir-faire doit circuler pour faire progresser notre propre écosystème et qu’il faut aller chercher l’expérience là où elle se trouve.

Quels sont les profils de start-ups françaises que vous rencontrez aux Etats-Unis?
Généralement, les entrepreneurs français se développent aux Etats-Unis sur un modèle « distribué ». La R&D est souvent conservée en France, car elle est moins onéreuse, le turnover des ingénieurs y est plus faible et les développeurs disposent d’un très haut niveau de qualification. Aux Etats-Unis, les start-ups françaises implantent un bureau qui comprend, le plus souvent, le CEO, les « sales », le marketing et le « customer support / success ». L’entrepreneur qui immigre a un rôle clé dans cette organisation, car il est celui qui lève des fonds, recrute et qui incarne la vision de son entreprise, les 3 fonctions-clefs du CEO ! Enfin, c’est souvent une condition sine qua non dans la Valley – la présence du CEO – car les fonds américains adoptent une attitude très « hands-on » et veulent pouvoir rencontrer à tout moment les entrepreneurs qu’ils accompagnent.

Quelles sont, plus précisément, les missions de Bpifrance aux Etats-Unis ?

Nous suivons trois grands axes de développement dans la Valley :

  • Nous recherchons activement des entreprises françaises à fort potentiel, dans lesquelles nous pouvons investir en capital ou accompagner en dette ;
  • Nous soutenons les entreprises de notre portefeuille qui décident de s’implanter aux Etats-Unis. Dans ce cadre, nous nous concevons comme une véritable plateforme de services qui met en contact ces entrepreneurs avec  l’environnement local (avocats, contacts RH, clients potentiels…) ;
  • Enfin, nous sommes proches des fonds VC américains, avec qui nous souhaitons co-investir. Ces derniers ont, comme je le disais, un savoir-faire solide et une expertise qu’ils peuvent partager avec nous. Nous collaborons sur des dossiers d’investissement et échangeons sur les bonnes pratiques.

En tant que fonds d’investissement français, quels sont vos atouts ici ?

Bpifrance a une importante force de frappe, ce qui nous permet de réaliser des investissements conséquents dans l’environnement très exigeant de la Silicon Valley. Au-delà de l’aspect financier, qui peut être bloquant pour des fonds d’investissement de plus petite taille, la difficulté principale est d’entrer dans le cercle très fermé des fonds historiques de la Valley. Il va sans dire que ces derniers n’attendent pas les fonds français et sont « auto-suffisants » dans leur fonctionnement. C’est donc en apportant notre propre valeur ajoutée et en démontrant que notre savoir-faire est complémentaire que nous parvenons, au fil des années, à gagner la confiance et l’intérêt des fonds locaux. Concrètement, cela passe par un travail quotidien de rencontres avec les VC américains -150 au total depuis le mois de janvier- mais aussi de communication sur les atouts des entreprises venues de France. Nous organisons ainsi des dîners en cercle restreint sur des thèmes transverses, où notre point de vue a une véritable valeur ajoutée. Pour ne citer que deux exemples, nous avons notamment organisé un événement autour des fondateurs d’entreprises issus de l’immigration (une licorne sur deux est fondée par des immigrants) et un dîner sur l’intelligence artificielle, domaine dans lequel la France dispose d’une avance conséquente.

Comment envisagez-vous l’avenir ici pour nos start-ups ?

Je suis extrêmement optimiste pour la tech française. La déferlante observée depuis deux ans n’est pas près de s’arrêter et gagne chaque jour en qualité. La France donne naissance à des entreprises très innovantes. Pour développer encore notre écosystème, il faudra néanmoins poursuivre sur plusieurs années le travail de fond entrepris jusque-là. Les « cocoricos », c’est bien, c’est sympa, c’est surtout nécessaire pour contrer l’indécrottable pessimisme français, mais soyons aussi réalistes et humbles : il nous reste énormément de travail à réaliser et les marges de progression de nos entrepreneurs, comme les nôtres évidemment, sont encore considérables. Bref, on progresse fort mais ce n’est, à mon sens, que le tout début de l’émergence de la tech française. C’est excitant ! C’est là tout le rôle de Bpifrance que de soutenir ce mouvement des start-ups françaises.

Pour en savoir plus: bpifrance.fr

Les fonds français aux US (1/3) : quelle(s) stratégie(s) pour s’implanter aux Etats-Unis ?

Ils sont 13 aujourd’hui (source AFIC). 13 fonds d’investissement français de Capital développement ou de Capital innovation qui ont choisi de placer leurs pions aux Etats-Unis.Difficile d’en dresser une typologie tant leurs profils sont hétéroclites : d’Ardian, le mastodonte généraliste, à Cathay Capital en passant par Creadev, ISAI ou Bpifrance, tous pionniers de leurs secteurs, ils ont tenté l’aventure américaine. Mode, pari risqué ou axe structurant de développement?

A première vue, difficile de comprendre quelle place les fonds d’investissement français pourraient prendre sur ce marché. Comme l’avoue un investisseur français sous couvert d’anonymat, «il ne faut pas le nier, le marché américain est très difficile d’accès avec des valorisations très importantes et une concurrence monstrueuse. Y aller sans avoir réfléchi à son positionnement et sans réels moyens, c’est prendre un risque réel».

Avec plus de 2000 fonds de private equity locaux présents sur le marché américain, les Frenchies et leur modeste potentiel d’investissement font pâle mine. Delphine Descamps, Managing Director de Creadev USA, note : « la puissance de feu des fonds d’investissement américains est réelle et le marché très codifié. Par exemple, quand ils investissent en seed, pour être plus réactifs, ils le font très souvent en notes convertibles (obligations) et reportent ainsi les problématiques de valorisation et de pactes d’actionnaires à la série A (1er tour) ».Delphine Descamps explique également que les fonds d’investissement américains sont les champions de l’accompagnement et ce dans tous les domaines. « Les fonds d’investissement américains ont de plus en plus des compétences multiples en interne : marketing, RH, CFO… ». Chaque fonds d’investissement américain est également très spécialisé, que ce soit dans un secteur particulier ou dans un stade d’investissement précis (seed, série A, B ou C). Il s’agit d’un marché très structuré, donc, avec des codes bien précis et un fonctionnement rôdé depuis plusieurs années, voire des décennies.

Enfin, autre spécificité, le marché américain du Private Equity est très hétérogène sur son territoire: « Sur la côte Ouest, les fonds de private equity constituent un cercle très fermé : seuls un tiers d’entre eux participent aux meilleurs deals », note Delphine Descamps. Si on souhaite entrer sur ce marché, il faut être sur place car cela exige beaucoup de réactivité et de gros moyens pour investir dans les start-ups les plus intéressantes. « On voit énormément de start-ups soutenues en seed avec des valorisations très élevées du côté de la Silicon Valley », explique un investisseur.
Sur la côte opposée, à l’Est, la typologie des entreprises est différente : si San Francisco reste la Mecque de la tech, New-York attire, elle, des entreprises de plus grande taille et de secteurs plus diversifiés.Par ailleurs, « la côte Est est plus proche de l’Europe géographiquement, elle permet aux entreprises françaises d’approcher le marché américain en gardant les bases de la R&D en France avec une distance plus facile à gérer », souligne Delphine Descamps. Autre élément déterminant: les valorisations à New-York sont plus abordables que dans la Valley. Conséquence pour les fonds d’investissement français : ils privilégient largement la Grosse Pomme, avec 13 bureaux de fonds qui s’y situent, contre 3 sur la côte Ouest.

Différents types d’approche pour les fonds d’investissement français
Face à ces défis multiples, inhérents à un marché mature et hétérogène, les fonds d’investissement français ne reculent pourtant pas. Globalement, deux grandes stratégies d’approche du marché se dégagent. D’une part, les grands fonds de private equity qui investissent directement dans des entreprises américaines, surtout dans le métier du Capital développement.
Ardian reste le meilleur exemple, avec actuellement 15 investissements dans des entreprises américaines et 11 entreprises US déjà cédées. Dans ce cas, la présence in situ du fonds se justifie pleinement, puisqu’il s’agit d’accompagner les entreprises au quotidien, ce qui suppose d’en connaître finement la culture propre. D’autre part, certains investisseurs misent, eux, sur la volonté grandissante des entreprises françaises d’aborder le marché américain. « Du point de vue de la valorisation de leur entreprise, il est très intéressant pour les entrepreneurs de se développer outre-Atlantique », explique Paul Strachman, venture partner chez ISAI à New-York.

Pour répondre à cette demande, des fonds de private equity de taille modeste font donc le grand pas : ouvrir une antenne aux Etats-Unis pour accompagner le développement des entreprises en portefeuille.
L’avantage ? Pouvoir effectuer une veille, mettre en relation les entrepreneurs avec des réseaux (banques, avocats, conseils) constitués par le fonds en amont. C’est, par exemple, le cas de Creadev : « Avoir un bureau à New York est une réelle valeur ajoutée qui correspond à notre volonté d’accompagnement long terme et à notre vision internationale », souligne Delphine Descamps. Cette vision de partenariat cross-border est partagée par ISAI : « Notre bureau est dédié à l’accompagnement des entreprises françaises de notre portefeuille et à l’investissement dans des entreprises françaises déjà présentes aux US», indique Paul Strachman.
BPIFrance n’est pas en reste. Les fonds d’investissement français multiplient les initiatives pour promouvoir les start-ups françaises aux Etats-Unis en développant des programmes comme le USA Impact, en collaboration avec Business France.
Les fonds d’investissement de moyenne taille sont donc prêts à investir outre-Atlantique, dès lors qu’une opportunité -française- intéressante se présente à eux.
Enfin, certains, comme Creadev, notamment, profitent de leur présence sur le sol américain pour examiner des dossiers de start-ups américaines qui voudraient s’internationaliser, en France ou ailleurs dans le monde.

Des stratégies de communication adaptées

Le choix d’une stratégie de communication est crucial et doit donc être adapté aux objectifs globaux des fonds de private equity. Certains fonds d’investissement français essaient de gommer leurs origines ou, du moins, de se positionner comme des concurrents directs de fonds américains, en embauchant notamment des investisseurs américains dotés de réseaux et d’un beau track-record aux Etats-Unis. Ces fonds d’investissement font alors de leur présence aux Etats-Unis un élément constitutif de leur ADN. D’autres encore, la majorité en réalité, décident de communiquer en direction des entreprises françaises via des blogs ou la participation à des événements de place afin de se constituer un dealflow de qualité de start-ups désireuses de s’internationaliser.
En termes de communication, la présence aux Etats-Unis permet enfin d’importer les Best Practices et de jouer la carte américaine comme un réel « plus ». C’est le cas d’ISAI qui tend à innover avec des opérations de communication « disruptives » sur le marché français, directement inspirées des pratiques et des problématiques de fond du marché américain (qui feront l’objet d’une prochaine chronique).
Pour n’en citer qu’une, Paul Strachman est à l’origine du grand événement organisé en septembre dernier à Paris autour de l’Intelligence Artificielle, un thème très en vogue aux US et sur lequel la France dispose d’un fort potentiel. En rassemblant tous les acteurs d’un secteur, (fonds, sociétés, chercheurs, conseils intéressés par ces questions) et en s’associant, pour l’événement, à des fonds d’investissement américains, ISAI fait vivre tout un mouvement tech. « Notre objectif, via cette conférence, est de créer un pont pour les start-ups entre la France et les US. Le sujet de l’Intelligence artificielle est particulièrement intéressant puisque la France est en pointe en la matière et l’écosystème est déjà vivant. Il nous est donc paru pertinent de créer un lieu d’échanges pour faire émerger des start-ups françaises et partager leur savoir », note Paul Strachman. Au total, ce sont 400 personnes qui se sont retrouvés au sein du Hub BpiFrance pour échanger sur les applications pratiques et l’avenir de l’AI.

Le pari de s’implanter aux Etats-Unis peut donc se révéler payant, à la condition de bien connaître ce marché, unique en son genre et que l’on ait défini une stratégie bien précise. Les fonds  d’investissement français ont beaucoup à y gagner, en proposant des passerelles aux entreprises françaises et en s’inspirant d’un pays qui est en avance dans de nombreux domaines. Une chose est sûre : le mouvement n’est pas prêt de s’arrêter !

Le top 10 des VC américains à suivre sur les réseaux sociaux

  • Marc Andreessen (@pmarca) Fondateur de Netscape, créateur de Mosaic, Marc Andreessen utilise les réseaux sociaux comme une extension de la vraie vie. Naviguer sur son fil twitter, c’est purement et simplement entrer dans les méandres de la pensée d’un pro de l’innovation.
  • Mark Suster (@msuster et msuster) Pionnier et leader de la communication sur les réseaux sociaux, Mark Suster déploie des trésors d’inventivité pour promouvoir le monde des entrepreneurs et le milieu de la tech. Un exemple à suivre.
  • Rich Miner (@richminer) Dirigeant de Google Ventures sur la côte Est, Rich Miner est à la pointe de l’information et toujours le premier à tweeter les breaking news. Idéal pour suivre en temps réel la tech outre-Atlantique.
  • Chris Sacca (csacca: VC reconnu de la Sillicon Valley, Chris Sacca fait un usage régulier de Snapchat avec son associé de Lowercase Capital, Matt Mazzeo (mmazzeo). Leur idée? Partager leur aventure quotidienne de VC.
  • Fred Wilson (www.avc.com) Avec un post par jour, le blog de Fred Wilson est riche en informations pour les VC comme pour les entrepreneurs. De vidéos en notes en passant par des comptes rendus de conversations, il fédère une large communauté.
  • Shervin Pishevar (@shervin) Un des premiers investisseurs de Uber ou Airbandb, superstar outre-Atlantique, il nous renseigne sur l’industrie des start-ups et du capital innovation. Plutôt que nous assommer de conseils en tous genres, il choisit approche transverse pour aborder l’innovation.
  • David Biesel (GenuineVC) Investisseur chez Nextview, le blog de David aborde des sujets très concrets qui permettent aux entrepreneurs de réussir. Une mine de conseils pratiques.
  • Paul Flanagan (@pcflanagan) Fondateur de Sigma Prime Ventures et VC depuis vingt ans, son approche est très financière et technique. Spécialiste de la modélisation financière, il renvoie souvent sur le blog du fonds qui recèle une mine d’infos pour les start-uppers.
  • Christine Herron (@christine) En suivant Christine, investisseur chez Intel Capital, vous rentrerez dans le quotidien d’un investisseur. Son approche, personnelle (elle y mêle vie perso et pro) et rafraîchissante, rend cette industrie humaine, voire joyeuse. Parfois.

Etats-Unis : quand les VC réinventent leur communication

Nourris à l’innovation et à la créativité des jeunes pousses qu’ils soutiennent, les fonds de capital innovation américains multiplient les façons de communiquer et usent de canaux inédits pour toucher leur audience. Dans un milieu où la compétition est féroce et les acteurs de plus en plus nombreux et puissants – 12,1 milliards investis dans des start-ups au seul premier trimestre 2016-, les Venture Capitalists n’hésitent plus à se réinventer pour se faire connaître et, surtout, pour faire vivre leur écosystème.

Twitter, l’incontournable

Dans cette bataille, Twitter est, sans surprise, le réseau privilégié des Business Angels et des VC.
A l’image de Jason Calacanis (@jason) avec 266.000 abonnés et pionnier en la matière, ces influenceurs d’un nouveau genre ne se contentent pas de promouvoir leurs investissements : ils distillent des conseils et des encouragements à destination des jeunes entrepreneurs. Sur Twitter, les investisseurs dévoilent souvent les dernières avancées en matière de technologie et, par dessus tout, leurs applications pratiques, souvent plus parlantes. Plus que telle ou telle start-up, ils aiment à souligner l’émergence d’une tendance de fond en laquelle ils croient… et/ou dans laquelle ils souhaiteraient investir. La méthode consiste principalement à retweeter des vidéos ou des articles d’experts.
Parmi ces twittos influenceurs venus du monde du Capital Innovation, on remarque notamment le travail de Mark Andreessen (voir notre top ci-dessous), fondateur de Netscape devenu VC en Californie. Avec plus de vingt tweets par jour, il a inventé avec son fonds a16z le concept de tweetstorm dédié à son industrie. En une dizaine (parfois plus) de tweets bien calibrés, il développe un argumentaire sur une sujet pointu. De la mort du PC au Cycle de l’innovation, les sujets évoqués font réagir toute la communauté du Capital Innovation outre-Atlantique. On retrouve sur le site du fonds la compilation de tous ses messages.

Snapchat, Periscope et podcasts : les nouvelles tendances

D’autres VC vont beaucoup, beaucoup plus loin pour faire vivre l’écosystème de l’innovation. Lier le fond et la forme est le leitmotiv de Mark Suster, LE VC américain qui communique le plus. A côté d’un fil Twitter qui rassemble plus de 246.000 abonnés, ce quadra est devenu le pape de Snapchat. Dans un récent article, le sérial entrepreneur devenu investisseur chez Upfront Venture va même jusqu’à expliquer comment et pourquoi cette plateforme peut être utile dans le secteur du Capital Innovation. Ses deux arguments ? Il ne faut pas se plaindre de ne pas être entendu par la communauté des 20-30 ans quand on ne s’adresse pas directement à elle. Par ailleurs, si on s’intéresse à la tech et à ses consommateurs, il n’y a pas de meilleur réseau. Sur son compte Snapchat, Mark Suster s’amuse à lancer régulièrement des « Snapstorms », séries de petites vidéos dans lesquelles il creuse un sujet, comme dernièrement celui des applis mobiles, et qui sont accessible pendant un temps limité. Chaque vidéo est courte, simple et facilement assimilable par l’internaute. En parallèle, le réseau social Periscope tire lui aussi son épingle du jeu en diffusant en live les grandes conférences ou démos technologiques. Toutefois, les VC se contentent de l’utiliser comme un complément de Twitter uniquement.

Mais l’autre grande nouveauté dans la communication des VC aux Etats-Unis est l’utilisation grandissante des podcasts. En 2014, le journaliste radio Alex Blumberg a souhaité lancer son propre groupe de média dédié aux podcasts. De l’invention du concept à la levée de 6 millions de dollars, cet entrepreneur a tout enregistré : ses discussions avec son associé, ses pitch devant les fonds, les interrogations et les moments de doutes quand il se confie à sa femme… mais également les discussions des investisseurs entre eux. De tous ces éléments, il a tiré une série sous forme de podcasts sous le nom de Start-upLe programme, qui en est aujourd’hui à sa troisième saison, est un carton d’audience, une référence dans le monde du Capital Innovation… et a inspiré un grand nombre de VC.  C’est ainsi que le fonds a16z, par exemple, a fondé sa propre série sous format audio (voir ici) pour aborder les dernières tendances de la tech, discuter du métier d’investisseur et évoquer les conseils utiles aux entrepreneurs. Le programme de podcast The Twenty Minute VC donne aussi la parole au monde du Capital Innovation sous forme d’interviews en évoquant leurs critères, leurs carrières et leurs problématiques financières.

Du fond, rien que du fond

Comme dans toutes les industries, il y a les faiseurs, les hâbleurs et ceux qui travaillent vraiment sur le fond. Une stratégie de communication ne va pas sans une étude approfondie des sujets. A ce titre, le géant Medium, réseau de partage éditorial, est largement plébiscité par les VC outre-Atlantique. Ces derniers y abordent en profondeur leur expertise via de longs éditoriaux ou textes techniques. Souvent de façon thématique, ils aiment y dévoiler leur savoir, quitte à tweeter un lien vers leur article. D’autres poursuivent l’écriture de leur blog, comme un véritable travail d’investigation qui dure souvent depuis des années. Voici quelques exemples intéressants : Mark Suster (toujours lui !), Tom Tunguz du fonds  Redpoint, Fred Wilson, légende vivante pour les start-uppeurs américains ou encore Andrew Chen.

Revenir à l’essentiel, c’est aussi ce que tentent de faire les fonds autour de dîners thématiques afin d’échanger IRL leur savoir avec une audience sélectionnée. A New-York, on ne compte plus le nombre d’événements de ce type qui réunissent investisseurs, start-uppeurs, journalistes et chercheurs. Un VC me confiait dernièrement : « nous ne voulons pas attendre que les médias s’emparent d’un sujet pour promouvoir nos expertises. Organiser un dîner ne coûte pas cher, c’est enrichissant pour tous les participants et cela fait découvrir une technologie ou une tendance de pointe à un public varié et hétérogène. Ce genre d’événement nous permet d’agir de façon proactive et de guider la curiosité du public ».

Finalement, c’est peut-être là que se cache le secret d’une communication réussie pour un VC : que ce soit par des moyens traditionnels, les réseaux sociaux ou des rencontres, il s’agit prendre le lead sur les sujets d’actualité et les imposer sur la place publique.

Qui est mieux placé qu’un fonds de capital innovation pour savoir ce qui est disruptif, connaître les tendances de demain et les nouvelles technologies ? Faire de son métier, de son savoir et de son positionnement naturel une force dans sa communication est certainement la clé.
Pour terminer, je remercie @Paul Strachman, investisseur chez ISAI (@ISAI_fr) qui connaît le milieu des VC américains comme sa poche et a su me guider dans cette recherche des nouvelles tendances !

Start-uppers : comment approcher un VC américain ?

Plus de 72 milliards de dollars : tel est, pour 2015, le montant investi outre-Atlantique dans les start-ups. Pour la seule ville de New-York, les fonds de capital innovation ont mis sur la table 7 milliards de dollars –  record historique -, dont 293 millions uniquement en seed-money(rapport AlleyWatch).

Ces chiffres impressionnants constituent aujourd’hui une opportunité unique pour les starts-ups françaises attirées par le Capital Risque US. Aux Etats-Unis, l’investissement moyen d’un fonds est de 1,3 million de dollars pour la seed money, un fantasme pour tout start-upper. D’autant que la liste des heureuses 6683 start-up élues chaque année outre-Atlantique reste très ouverte aux projets étrangers, à condition de savoir à qui s’adresser et de disposer des clés pour le meilleur « pitch » !

Avant tout, il faut pouvoir détecter les nouvelles tendances du secteur du Capital Risque. Si ce dernier, en nombre de fonds impliqués, est en expansion aux Etats-Unis (cf. graphique ci-dessous), attirant notamment des fonds français comme ISAI, les starts-ups intéressées doivent bien prendre en compte une évolution significative de ses contours.

Nombre de nouveaux fonds aux Etats-Unis / an
Source : PitchBook

  • Ciblez les fonds de petite et moyenne taille : selon l’analyse annuelle de Cambridge Associates, on observe un mouvement de  déconcentration des acteurs du domaine du capital risque. Quand, il y a encore quelques années, seuls quelques grands fonds se taillaient la part du lion, émergent aujourd’hui de nouvelles entités, plus petites, plus spécialisées et plus proches de l’opérationnel (« hands-on »), qui tirent leur épingle du jeu. Ces nouveaux fonds adoptent une stratégie de différenciation et poussent loin leurs recherches d’investissements, notamment en early-stage. Entre 2000 et 2015, la part des fonds de moins de 500 millions de dollars représente en moyenne 46% des gains de l’industrie du venture.
  • Ouvrez-vous à de nouveaux horizons: aux Etats-Unis comme en France, les entreprises elles-mêmes n’hésitent plus à investir dans les start-up, souvent pour capter de nouvelles technologies. Dans le sillage de l’open-innovation, de nombreux incubateurs et accélérateurs voient le jour…en drainant des millions. Une étude récente du MIT démontre que la création d’un accélérateur dans une région américaine entraine un accroissement de 104% de la présence de Business Angels et de 1830% du volume investi en dollars par des fonds ou des corporates dans l’aire géographique concernée. Sachez cibler le bon type de fonds -corporate ou non- et une localisation pertinente : il existe de très nombreuses opportunités en dehors de la Silicon Valley.
  • Comment entrer en contact avec le fonds qui vous fera grandir ? Oubliez les bases de données ou les emails envoyés spontanément aux Capital-risqueurs. Aux Etats-Unis, le monde des starts-ups et des fonds est si vaste qu’il faut personnaliser son approche pour se démarquer. Selon Meritage Fund, qui s’est penché sur la question, la meilleure façon d’y arriver est d’être présenté au fonds par votre avocat, votre banquier ou, mieux, par un entrepreneur qui a été financé par votre cible. Pour trouver l’intermédiaire idoine, les réseaux sociaux sont précieux : contactez ces « successful entrepreneurs » via Twitter ou LinkedIn pour leur proposer un RDV et exposer votre stratégie. Il y a quelques années, ils étaient dans votre situation : personne n’est mieux placé qu’eux pour vous comprendre et vous écouter! Dans tous les cas,  briefez toujours en amont votre intermédiaire en lui fournissant un document clair et synthétique comprenant la description de votre activité, de son potentiel développement et les raisons d’y investir.

Une fois intégrées ces évolutions du secteur du Venture Capitalism, à vous de prendre la parole et de « pitcher ». Que recherchent les fonds de capital innovation américains ? Comment communiquer avec un VC ? Internet recèle de nombreux exemples de pitchs réussis (http://bestpitchdecks.com) dont on peut aisément s’inspirer. Or, s’il existe bien entendu une prime à l’originalité, certaines bases sont incontournables pour espérer réussir l’exercice.

  • Personnalisez votre discours : racontez une histoire dans laquelle votre entreprise, son marché cible et l’intervention du fonds ont des rôles clairs et cohérents. Pour ce faire, inspirez vous de l’historique des investissements du fonds à qui vous vous adressez. Mieux, ayez en tête la biographie de votre interlocuteur qui, selon son parcours, sera plus sensible à telle ou telle technologie.
  • Parlez principalement du marché : « We are attracted to hugely disruptive companies », tel est le leitmotiv de Marlon Nichols, investisseur chez Intel Capital, comme celui de la plupart de ses confrères. En d’autres termes, il s’agit d’expliquer en quoi vous proposez une rupture qui va engendrer l’émergence d’un marché alternatif au marché traditionnel. En la matière, Uber reste le modèle absolu du genre. A vous de souligner votre bonne connaissance du marché existant, de quantifier le nouveau marché le plus précisément possible et d’exposer votre business model.
  • Pensez à la théorie des deux M : votre vision du Marché et de ses évolutions tendancielles doit être doublée d’une présentation pertinente du Management de votre projet.Plus la société est jeune, plusle « pitch » s’approche d’un entretien d’embauche : mettez en valeur votre propre parcours professionnel, les projets que vous avez déjà réalisés et la complémentarité des profils au sein de l’équipe dirigeante.
  • Enfin, cultivez votre relation de long terme avec le fonds : envoyez régulièrement de vos nouvelles, partagez vos succès et les différentes étapes du développement de votre société. Meritage Fundsconseille également de proposer au fonds de rencontrer d’autres sociétés du même secteur en portefeuille pour partager et faire évaluer votre technologie ou votre produit.

Le Capital innovation américain s’intéresse de plus en plus aux pépites situées à l’international, qui constituent désormais 50% du total des revenus de ce secteur (étude Cambridge Associates). Les frenchies, dans la mouvance de la Frenchtech notamment, sont aujourd’hui en excellente position, en termes de réputation, pour profiter pleinement de cet intérêt croissant aux Etats-Unis. « The american dream can come true », pour peu que l’on sache s’en donner les moyens !

Anna Casal