Women In Innovation Forum 2018 ou comment conjuguer innovation et diversité

Devenu le rendez-vous annuel incontournable de New-York, le W.In Forum a su réinventer son approche pour sa troisième édition, ce 20 mai 2018. Cette fois, la pétillante et énergique Catherine Barba a ouvert le bal en nous promettant d’apporter des réponses à la difficile question de l’innovation et de la diversité. Après deux éditions, le champ d’examen s’ouvre donc et est étendu à la diversité en général, dépassant le seul cadre des femmes. Une problématique abordée sous une multiplicité d’angles, de la politique à la finance en passant par l’entreprenariat et la jeunesse.

Chaque année, le W.In. Forum NY accueille des visiteurs toujours plus nombreux : 700 personnes venues du monde des start-ups, de l’entreprise et du secteur public se sont, cette fois, réunies pour assister à des débats autour de l’innovation et de la diversité. Comment l’une entraine l’autre ? Comment concilier les deux ? Comment imposer la diversité au sein des organisations ? Comment innover en confrontant des personnalités diverses ? La diversité est-elle un levier pour l’innovation ? Des experts et des témoignages inspirants à foison, de quoi réfléchir à une nouvelle approche de l’entreprise et, plus largement, de la société : telle était la proposition de Catherine Barba, femme d’affaires et de communication toujours à la pointe sur ces sujets.

Il est toujours difficile de débattre de diversité et d’innovation sans tomber dans des lieux communs ou énoncer des platitudes. On le sait, la diversité favorise la croissance économique des entreprises. On sait également que c’est une condition sine-qua-non de la bonne santé d’une société dans son ensemble. Ce sujet, si souvent traité par les médias et pourtant en cruel manque de solutions concrètes, en était presque devenu lassant. Heureusement, le W.In Forum NY 2018 a su éviter cet écueil en faisant intervenir des profils peu connus, sortant de l’ordinaire et toujours d’une grande qualité. On compte ainsi, parmi les intervenants, un futur candidat à la présidentielle américaine, une athlète de haut niveau, des chercheurs, des cadres de tous secteurs, des auteurs, des fondateurs de start-ups de tous âges et venus de tous horizons. Réunir un tel éventail de profils était une gageure mais surtout la preuve que c’est lorsque l’on confronte des points de vue différents qu’émergent des idées toutes nouvelles.

Sur le plan politique tout d’abord. Car il fut souvent question, au sein des débats, d’innovation civique et de redéfinition des valeurs qui doivent guider le monde. Avec l’accroissement des échanges entre les populations, la montée en puissance des réseaux sociaux et la radicalisation des discours, le modelé économique actuel touche ses limites. Les Etats-Unis voient leur espérance de vie baisser avec une grande vague de suicides et d’accidents graves. Plus d’humanité, plus d’entraide, plus de dialogue, tels sont les points sur lesquels fonder la politique de demain. C’est ce que défend Andrew Yang, futur candidat démocrate a la présidentielle, désireux de sortir les Etats-Unis de l’ère Trump, qu’il juge clivante, conservatrice et consumériste. Son programme : rassembler les individus foncièrement différents pour faire émerger une nouvelle façon de faire de la politique, au service de tous. La société ne s’élèvera que si elle promeut cette diversité.

Concernant le monde de l’entreprise, le panel d’experts et d’intervenants couvrait un très large spectre : de l’entrepreneur individuel à la multinationale, on apprend que la diversité est au cœur de toute innovation. Diversité entre les générations tout d’abord, quand un architecte, patron de Woodoo, nous montre comment faire du neuf avec du vieux et explorer des matériaux traditionnels avec notre technologie actuelle. Diversité entre hommes et femmes : des femmes charismatiques prennent la parole pour prouver que leur parcours est tout aussi méritoire que ceux de leurs homologues masculins. Diversité physique : une mannequin nous parle de son combat contre les préjugés grossophobes de l’industrie de la mode. Diversité ethnique, handicap, dépassement par le sport… tous les cas ont été traités en cinq heures.

Enfin, on apprend qu’un sondage de Forbes a fait apparaitre que 58% des dirigeants pensaient que la diversité dans l’entreprise était cruciale pour sa réussite. De ce constat aux faits, il y a pourtant un grand pas que nous n’avons pas encore franchi. Il faut alors parfois employer la méthode forte et contrôler, par exemple, la visibilité des femmes. C’est ce que s’attache à faire Bloomberg News, notamment : « Nous prenons en compte qui écrit les articles, qui sont nos sources, qui sont les personnes citées dans les articles, qui apparait sur les photos », explique Laura Zelenko, senior executive director. Tous les managers sont incités à rendre les femmes aussi visibles que les hommes. Un outil informatique a même été mis en place en interne pour effectuer une veille par journaliste, par équipe et par type d’article. « Malgré tous ces efforts, cela reste une tâche très difficile à accomplir », avoue Laura Zelenko.

Au terme de cette intense journée, le défi proposé de prime abord par la maitresse de cérémonie est largement relevé. On ressort de ces sessions avec un espoir immense pour la suite et la conviction qu’il existe une communauté grandissante qui vise plus de brassage, plus de diversité et d’échanges pour faire émerger des idées nouvelles. Merci à Catherine Barba de réunir, chaque année, des intervenants de qualité portant un discours d’espoir aussi fort !

Le top 5 phrases entendues au Win Forum NYC 2018 :

« We need to prioritize humanity over the market », Andrew Yang, futur candidat democrate a la presidentielle americaine

« Nous avons une responsabilité collective : celle de réinventer le système dans son ensemble », Anne-Claire Legendre, Consul général de France a NY

« Chacun doit créer le mode de vie qui lui convient le mieux. Il faut créer sa propre normalité », Georgia Garinois Melenikiotou, executive VP chez Esthée Lauder

« Une équipe est beaucoup plus créative quand elle rassemble des gens de générations et d’horizons différents », Carlos Ghosn, PDG de Renault

« Je n’ai jamais pensé une seule seconde que j’étais différente parce que j’étais la seule femme assise à une table de réunion. La tolérance et la diversité commence par l’éducation que l’on a reçue à la maison », Mayar Gonzalez, Directrice générale de Nissan Mexique.

 

 

Rencontre avec… Maurin Picard, journaliste correspondant aux Etats-Unis pour Le Figaro

Rencontre avec… Maurin Picard, journaliste correspondant aux Etats-Unis pour Le Figaro.

Journaliste depuis 19 ans, Maurin Picard s’est installé en 2011 à New-York pour y couvrir l’actualité politique et économique du pays. Il est, aujourd’hui, correspondant du Figaro mais également du Soir (Belgique) et du quotidien régional Sud-Ouest. Passionné d’Histoire, il nous livre sa vision du journalisme. Retour sur un parcours aux quatre coins du monde, et réflexion sur le journalisme aux Etats-Unis.

Qu’est-ce qui vous a conduit au journalisme et quel est votre rapport à l’information ?

Jeune, je rêvais de diplomatie et de « terrain ». Envoyé par le ministère des Affaires étrangères et l’OSCE au Kosovo, en 1998, je me suis retrouvé, non à organiser la tenue d’élections libres comme cela était prévu, mais à recenser les exactions d’une sale guerre entre le pouvoir serbe et la guérilla kosovare. « Casque bleu » civil impuissant, j’ai vu, pour la première fois, le pouvoir des reporters qui se trouvaient là, à enquêter, écrire et diffuser le récit de ce qui se tramait dans ce coin des Balkans. Sans ornières, et sans la censure.

Ce fut une révélation, tardive. J’ai renoncé à mes rêves de poursuivre une carrière diplomatique pour laquelle de toute façon je n’étais pas fait, et me suis lancé à corps perdu dans le journalisme, pour apprendre le métier sur le tas, sans passer par une école spécialisée comme 80% de la profession, d’ailleurs !

De cette vision romantique initiale, vieille de vingt ans, je conserve une conviction forte : écrire les articles que je voudrais lire, être en mesure de « raconter une histoire », lorsque des grands formats sont possibles, et « aimanter » le lecteur. C’est l’héritage d’Albert Londres. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire !

En 1999, je suis donc rentré en France, j’ai décroché des stages notamment à Libération et au Figaro. En septembre 2001, je devais démarrer un nouveau stage, mais l’histoire en a voulu autrement. Alors que tous les correspondants avaient les yeux braqués sur l’Afghanistan et la Somalie, j’ai sauté sur l’occasion du 11-Septembre pour proposer des reportages dans des lieux ou les journalistes n’étaient pas présents : en Iran et en Irak, notamment.

En 2003, après l’invasion de l’Irak, je m’installe à Vienne (Autriche) comme correspondant en Europe Centrale. De là, j’ai pu couvrir l’élargissement à l’est de l’Union européenne (2004) puis l’extension de l’espace Schengen (2007), pour la presse écrite et la télévision (France 24 prenait tout juste l’antenne). Ce fut une période très exaltante pour le journalisme, un moment historique.

En 2011, par choix familial, je me retrouve à NYC, la ville au monde qui bénéficie probablement de la plus forte concentration de journalistes francophones. J’y suis correspondant essentiellement pour deux quotidiens de presse écrite, Le Figaro et Le Soir.

Est-ce que le métier de journaliste est le même à New York qu’en Europe ?

Les Américains sont des gens plus ouverts, connectés et portés sur les réseaux sociaux. Il est plus facile, en règle générale, de décrocher une interview avec des personnaliés du monde politico-économique. On peut rencontrer un acteur, un élu, un universitaire renommé avec une grande facilité via les réseaux sociaux. Le Figaro est également une très bonne carte de visite : c’est un des titres français les plus connus au monde.

On pourrait croire que la communication, outre-Atlantique, est très calculée, très verrouillée…

Ce n’est pas mon expérience. On ne me demande presque jamais de relire mes papiers ou interviews avant publication. Pour un journaliste, c’est un réel plaisir de travailler ici. Les Américains aiment s’exprimer, n’ont pas de frilosité à prendre la parole en public et sont faciles d’accès. Il y a quelques mois, j’ai ainsi croisé le maire de Memphis dans la rue à l’occasion des 50 ans de la mort de Martin Luther King. Elu démocrate de premier plan dans le « sud profond », il n’a pas hésité une seconde à répondre au débotté à mes questions. Certes, la peur de la citation erronée est parfois présente, mais le respect instinctif de la presse reste profondément ancré dans la société. Les journalistes sont globalement très respectés. Du moins jusqu’à une certaine élection en 2016 …

A votre avis, quelles sont les grandes différences entre la pratique du journalisme américain et français, en termes de méthodes de travail et d’écriture ?

Le journalisme anglo-saxon obéit à des codes rigoureux. Pas de fioritures dans « l’accroche» : qui, quoi, où, quand, comment. En parcourant un article, le lecteur doit savoir, dès le premier paragraphe, de quoi il en retourne. Les faits, rien que les faits ! C’est la patte du New York Times et du Washington Post, à laquelle ont été formées des générations de journalistes américains. Ces grands journaux, en outre, ont une charte éthique. Ils s’efforcent d’interdire, autant que faire se peut, les sources anonymes, pour éviter les inventions, les fabrications de toutes pièces. Et quand ces sources anonymes ne peuvent être dévoilées – on le voit avec les fuites au sein de la Maison Blanche sous l’ère Trump – autant en produire plusieurs afin de « s’autoriser» à publier une information.

Le journalisme français, lui, n’a pas cette rigueur, traditionnellement. Il peut être plus pamphlétaire, à l’instar d’Emile Zola et son « J’accuse ! » ou plus « romancé », comme Lucien Bodard durant la guerre d’Indochine. Il aime mélanger les genres, au confluent des faits et de la littérature. Cela donne un journalisme plus engagé, plus coloré, comme ce qu’a fait Bodard, mais aussi moins rigoureux, parfois.

De mon point de vue, cela découle aussi d’un grand malentendu originel : les journalistes français entretiennent un rapport difficile avec le pouvoir, sûrement lié à notre passé monarchique. Napoléon III a libéralisé la presse, mais gare à ceux qui le critiquaient ! De nos jours, on ose difficilement aller contre le courant, ainsi qu’en témoigne le grand secret concernant la maîtresse du président François Mitterrand, Anne Pingeot, et leur fille « cachée » Mazarine. Toutes les rédactions savaient, depuis longtemps. Tout comme ces informations en amont concernant le financement de la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi.

Cependant, ces lignes se sont estompées avec le temps : le journalisme américain, qui reste une profession immensément talentueuse, a « manqué» le défi posé par le 11-Septembre, puis par l’invasion de l’Irak sous des motifs discutables. Le journalisme français, lui, s’est découvert de nouveaux formats, comme la revue XXI ou La Revue Dessinée. Ce journalisme retrouve, à mon avis, un peu de la couleur et des ambitions littéraires du temps de Bodard, tout en accomplissant un travail de décryptage et d’investigation indispensables.

L’élection de Donald Trump à la tête du pays a-t-elle changé la donne ?

Depuis l’arrivée de Donald Trump dans la course à l’élection présidentielle (juin 2015), la presse américaine est la cible d’attaques ouvertes et répétées de la part des hommes politiques. Pendant la dernière campagne, le New York Times allait jusqu’à dire que nous étions à la veille d’un drame avec l’émergence d’une violence –parfois physique- envers les journalistes dans des rassemblements politiques. Quelqu’un allait être tué, écrivait le Times, et il ne faudrait pas s’en étonner, vu l’ambiance délétère.

Heureusement, un tel dérapage n’a pas eu lieu et l’effet escompté fut inverse à celui d’une marginalisation de la presse : le métier s’est finalement trouvé revigoré par la menace populiste qu’incarne Donald Trump. Pendant la campagne et après, le journalisme d’investigation a ainsi été boosté, conforté dans sa mission d’information objective du public, surtout dans la presse écrite. Depuis quelques mois, l’abonnement aux journaux reprend de belles couleurs. C’est même devenu un acte civique que de soutenir la presse. Les Américains votent peu, certes, pour toutes sortes de raisons historiques, mais ils défendent corps et âme leur démocratie. Et le journalisme indépendant, ce fameux « quatrième pouvoir », fait partie de ces valeurs.

Paradoxalement, en parallèle de ce rebond salutaire, les enquêtes d’opinion récentes montrent que la confiance envers les médias n’a jamais été aussi basse. Il y a aujourd’hui deux Amériques : quand certains soutiennent la presse, d’autres montrent du doigt le « mainstream media », mettent en doute l’information objective, ce qui me paraît dramatique car cela participe des dissensions dans la société américaine.

Ces dissensions s’exposent désormais franchement à la télévision. Les trois « majors » historiques – CNN, MSNBC et Fox News – proposent un traitement de l’information très distinctif, avec une approche pamphlétaire indéniable et un dangereux mélange des genres. A titre d’exemple, le présentateur de Fox, Sean Hannity a reconnu avoir le même avocat que Donald Trump, au cœur de l’affaire Stormy Daniels. Cette polarisation des médias, avec Fox News d’un côté et les deux autres chaînes de l’autre, est inédite et n’a rien de rassurant. Chaque individu choisit de ne regarder que ce qui lui convient politiquement, et d’aborder les évènements quotidiens selon sa grille de lecture favorite, servie par Fox ou CNN.

Le cœur du métier reste pourtant lié à des valeurs d’objectivité et de rigueur. Certains ont dit que les journaux n’avaient pas anticipé la victoire de Trump. C’est vrai, mais je pense qu’ils ont néanmoins fait un très bon travail de fond pendant la campagne en faisant écho aux critiques de l’électorat envers Hillary Clinton et une politique du passé. Dans quelques années, la relecture de ces articles fera sens.

Parmi ces évolutions médiatiques, lesquelles, de votre point de vue, vont arriver en Europe ?

Les formats changent en France. La presse écrite a entamé sa mue digitale, ce qui libère les « longueurs » des articles – moins de contraintes en termes de format, désormais – et pose le problème de l’immédiateté. Savoir tout, tout de suite, mais combien de temps pour bon décryptage ? Une heure ? Une demi-journée ? Après un évènement international, quel délai « tolérer » avant de voir son éditorialiste préféré livrer le commentaire que tout le monde attend ?

Face à cela, et après la vogue des « fake news » venue des Etats-Unis, je pense au que l’Europe peut et doit montrer l’exemple, avec ces formats inédits que sont XXI, Eléphant, Le 1, La Revue Dessinée. On réinvente le reportage et on fait de la place aux témoignages également via des romans graphiques, de l’investigation. La presse française sait tirer son épingle du jeu, même si  l’Amérique mène la danse en termes d’innovations technologiques. Ce sont ces évolutions qui forcent un jeune journaliste débutant aujourd’hui à maîtriser l’écrit, l’image, le son. Vous interviewez quelqu’un, avec une caméra, un enregistreur audio et votre calepin. La juxtaposition de tous ces types d’expression donne lieu à des éclairages complets, tout en répondant aux attentes d’un lectorat plus varié, toujours plus informé, et donc plus exigeant.

A moyen terme, quelles orientations doivent prendre les médias classiques qui veulent survivre (investigation, suivi de l’actu en temps réel, mise en avant des abonnements…) ?

Les expériences sont variées, et le modèle idéal n’existe pas. Mais les Cassandre qui annonçaient la mort de la presse écrite, en particulier, se sont trompés. Le papier proprement dit, bien sûr, semble condamné, de par l’évolution des modes de consommation : nous sommes de plus en plus des lecteurs nomades, avec notre smartphone ou notre tablette tactile, dans les transports en commun. La fidélisation du lectorat a longtemps souffert des formats gratuits mais, malgré une concurrence impitoyable, certains titres reviennent à la vie, timidement ou spectaculairement : le New York Times, le Washington Post, enregistrent des bénéfices sans précédent, depuis l’émergence du phénomène Trump. Ils sont redevenus ce « quatrième pouvoir », avec une puissance d’investigation inédite portée par des finances saines et un lectorat avide. Les gratuits existent encore, mais le lecteur cherche une profondeur, une pertinence, des « scoops » (terme suranné, remplacé par des « exclusivités »).

En France, le Figaro tient bon la barre, tout comme le groupe Le Monde grâce à ce phénomène d’édition qu’est le titre Courrier International, porté par les abonnements. C’est de bon augure pour l’avenir, même si être un journaliste de presse écrite ne sera jamais le plus sûr moyen de faire fortune !

Quels sont vos projets professionnels ?

Ecrire sans se regarder vieillir, car la retraite à 60 ou 65 ans, pour un journaliste, n’est plus qu’un lointain concept. Et puis se projeter vers cette région du globe qui est en train d’enterrer l’hégémonie occidentale : l’Asie, et la Chine, bien sûr. De l’investigation, des enquêtes…